Jeanne Barret, Hester Stanhope et Alexandra David-Néel : Les exploratrices au prisme du passing - Centre de recherches sur les littératures et la sociopoétique Access content directly
Journal Articles Trans : Revue de Littérature Générale et Comparée Year : 2024

Jeanne Barret, Hester Stanhope and Alexandra David-Néel : Female Explorers through the prism of passing

Jeanne Barret, Hester Stanhope et Alexandra David-Néel : Les exploratrices au prisme du passing

Abstract

This article offers a comparative study of the passing of three female explorers: Jeanne Barret, Hester Stanhope and Alexandra David-Néel. Gender, class or racial passing enabled these three women to forge the postures that were indispensable to them in carrying out their respective scientific missions as botanist, archaeologist and ethnologist. Jeanne Barret disguised herself as a man to become the first woman to circumnavigate the globe; Hester Stanhope and Alexandra David-Néel multiplied their disguises to become the first Western women to reach Palmyra and Lhasa respectively. Welcoming otherness within themselves for the time of their imposture, the three explorers bury their original identities to truly embody the other. Passing cannot be reduced to a technique of the self, since it relies on a perfect knowledge of the other, and often on the complicity of this other to preserve the imposture. Embodying the other allows the explorer to be freed from a part of herself in order to bypass rules deemed unfair, and thus satisfy her curiosity by plunging into the unknown. But how does this interweaving of identities manifest itself in the writing of passing? Oscillating between tension and the harmonious cohabitation of these different identities, does the explorer not ultimately risk losing herself in the other?
Cet article propose une étude comparatiste du passing de trois exploratrices : Jeanne Barret, Hester Stanhope et Alexandra David-Néel. Le passing de genre, de classe ou d’ethnie permet à ces trois femmes de se forger des postures indispensables pour mener à bien leurs missions scientifiques respectives de botaniste, d’archéologue et d’ethnologue. Ces exploratrices franchissent les interdits pour s’imposer en véritables pionnières : Jeanne Barret se déguise en homme et devient la première femme à faire le tour du monde ; Hester Stanhope et Alexandra David-Néel multiplient les déguisements et sont les premières femmes occidentales à atteindre respectivement Palmyre et Lhassa. Accueillant l’altérité en elles le temps de leur imposture, les trois exploratrices enfouissent leur identité d’origine pour véritablement incarner l’autre. Le passing ne saurait donc se réduire à une technique de soi puisqu’il repose sur une parfaite connaissance de l’autre et souvent sur la complicité de cet autre pour préserver l’imposture. Incarner l’autre permet alors à l’exploratrice de se libérer d’une partie d’elle-même afin de contourner des règles jugées injustes et ainsi satisfaire sa curiosité en plongeant dans l’inconnu. Il convient cependant de se demander comment se manifeste cet entrelacement d’identités dans l’écriture du passing. Oscillant entre tiraillement et cohabitation harmonieuse de ces différentes identités, l’exploratrice ne risque-t-elle pas finalement de se perdre dans l’autre ?
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hal-04518365 , version 1 (09-04-2024)

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Oriane Chevalier. Jeanne Barret, Hester Stanhope et Alexandra David-Néel : Les exploratrices au prisme du passing. Trans : Revue de Littérature Générale et Comparée, 2024, 29, ⟨10.4000/trans.9058⟩. ⟨hal-04518365⟩
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