memoires - Archive ouverte en Histoire etPhilosophie des Sciences et des Techniques Access content directly

 







DUMAS & TEL
are two repositories dedicated to research papers and Ph.D Thesis, and created by the technical unit CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe - UMS3668) .

 

 

 
DUMAS
Repository for students' Research Papers (Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance)
-> DUMAS

Last Research Paper submitted

L’objet de ce travail de recherches est de s’interroger sur l’influence de la religion protestante sur le développement des idées entre le XVIe et le XVIIIe siècle en Europe du Nord en étudiant notamment les relations entre le mouvement des Lumières et le christianisme. Dans un premier temps, ce travail s’intéressera à l’histoire du protestantisme, et essayera de montrer l’existence d’un lien entre la manière de penser des protestants et le rationalisme. Le catholicisme et la position de l’Église catholique vis-à-vis de l’effervescence intellectuelle et du progrès scientifique aura également une grande place dans cette étude. Bien que le progrès scientifique et culturel devînt de plus en plus gênant pour l’Église, il sera rappelé que certains catholiques jouèrent bel et bien un rôle dans le développement des idées de l’époque. Enfin, l’objectif sera de comprendre dans quelles mesures l’héritage des conflits religieux et les théories du XVIIIe siècle sur la religion et sur la tolérance religieuse menèrent à la déchristianisation puis à la laïcisation des pays européens.

Continuer la lecture Partager

Le mémoire considère un groupe de travail oeuvrant collectivement à la fabrication d'une pirogue : au-delà de l'activité technique et de la chaîne opératoire, il présente l'organisation du groupe (par encastrement du psychologique dans le social et le physique) ainsi qu'une vision d'ensemble des modes de production scientifiques. Le terrain a été réalisé en Guyane française, dans l'ethnie Djuka.

Continuer la lecture Partager

Après avoir été effrayé à l’idée de voyager par plaisir en raison de la connotation guerrière de cette dernière mais également d’une peur des reliefs naturels, une nouvelle perception renverse à la fin du XVIe siècle cette pensée. La conception utilitaire du voyage prend l'ascendant au cours du siècle suivant, avec la possibilité d'apprendre et de se forger une culture personnelle jugée essentielle aux nobles de cette époque. Cette conception évolue à nouveau grâce à l'influence des Lumières et de nombreuses découvertes scientifiques ou philosophiques du XVIIIe siècle. La pratique voyageuse est maintenant comprise comme un moyen de connaître la terre, de partager les savoirs pour une plus grande égalité. Dans ce contexte, les scientifiques sont devenues des acteurs centraux, notamment en se rendant directement sur les lieux à expertiser. Ainsi, en plus d'une large publication d'imprimés de relation de voyage fait par des nobles en mission diplomatique ou dans la réalisation de leurs Grands Tours, se développent en parallèle des mémoires scientifiques tirés de leurs voyages. Dans la même période, un nouvel acteur dans le chaînon de l'imprimerie vient bouleverser l'ordre établi au siècle précédent, les périodiques. C'est avec ce nouveau support que les savants-voyageurs ont diffusé non seulement des extraits de leurs mémoires mais également des lettres, des synthèses et des questionnements portants sur les avancées scientifiques. Dans ce microcosme où vivent savants et acteurs de l'impression, de nombreux d’échanges et interactions s’étiolent, tels que des demandes d'instructions spécifiques ou d'aide particulière pour récupérer divers échantillons provenant d'une région lointaine. Cet ensemble se représente également à travers le carnet, un outil essentiel à la sauvegarde des pensées du voyageur qui le suit en toutes circonstances au cours de ses trajets. C'est avec cette source que ce mémoire se propose de retracer la méthodologie d'un savant-voyageur au tournant du XVIIIe siècle en la personne du chevalier Déodat de Dolomieu. Au travers de ses carnets se dévoile les traces de sa pensée savante et des évolutions de cette dernière au cours de ses pérégrinations, permettant la reconstruction d'une méthodologie propre à ce dernier. De même, elle permet la sauvegarde des humeurs de son propriétaire au cours de ses trajets mettant en lumière sa perception de la pratique voyageuse. Enfin, ce même objet se révèle être l'outil le plus essentiel à la propre compréhension de sa conception aux yeux de son propriétaire, ainsi que de pouvoir distinguer si cela est réellement nécessaire les propriétés entre une relation de voyages pour son plaisir et celui d'une relation savante faite pour autrui.

Continuer la lecture Partager

Notre projet de mémoire, ci-dessous développé, est le suivant : comment étudier la notion d'émergence dans le cadre de la métaphysique anglo-saxonne contemporaine ? Pour répondre à cette question, notre réflexion partira du système ontologique particulier, à savoir le "carré ontologique", d'inspiration aristotélicienne et repris par un auteur contemporain, E.J. Lowe. Dans ce système, les catégories ontologique d'"objet", de "phénomène", de "propriété" et de "condition" sont analysées comme étant fondamentales, irréductibles et suffisantes pour décrire tout le contenu de la réalité. Nous nous sommes limités cette année à la présentation de ce système, espérant par la suite pouvoir le développer dans le sens d'un physicalisme non réductif. Notre thèse finale sera alors la suivante : il est possible que de nouvelles conditions émergent.

Continuer la lecture Partager

Nous proposons à travers ce travail de regarder la pensée philosophique comme étant essentiellement liée au phénomène d'ἀνάμνησις, c'est-à-dire au ressouvenir ou à l'anamnèse. Nous cherchons à repenser le propre du philosopher. Dans cette optique, philosopher signifie "se ressouvenir". Pourtant, l'anamnèse n'a pas affaire à la mémoire et aux souvenirs. Elle est expérience, à travers laquelle adviennent une vérité et un savoir. Notre point de départ se trouve dans une évidence de la pensée philosophique : la pensée a une histoire et s'enracine dans une tradition. Tout ce qu'on met devant la pensée, tout ce que la pensée prend comme tâche a un lien avec ce qui a été pensé auparavant ou fait référence à ce qui a été, qu'on l'admette ou non. Nous identifions, cachée sous la forme de cette évidence, une tendance de la pensée philosophique qui n'a pas été mise en question ou explicitée. Ainsi, philosopher c'est dans un certain sens se retourner vers le passé afin de le reprendre sous un jour nouveau. Ce point de départ trouve sa confirmation philosophique à travers une analyse "historique" : l'anamnèse chez Platon et Gadamer. C'est à travers cette façon de mettre à l'œuvre ce que l'évidence nous a dévoilé qu'on découvre que l'anamnèse décrit la recherche et la découverte de type philosophique. Pour Platon, l'άνάμνησις représente moins une actualisation d'un savoir tout fait, inné et latent, qu'une manière de reprendre quelque chose de "su" sous un jour nouveau. C'est donc ce mouvement "rétrospectif" qui rend possible le savoir et la vérité pour la pensée philosophique. Selon Gadamer, l'άνάμνησις platonicienne s'apparente à une re-connaissance. Ces deux analyses dévoilent une certaine "structure" que possède l'anamnèse, un certain mode d'être : elle se définit par le "re-". Il s'agit d'un re-vivre, re-connaître, re-conquérir, re-voir "à distance" la réalité. Ceci renvoie à l'idée de "voir" les choses "dans une autre lumière", ou faire une nouvelle expérience des choses qui apporterait un surcroit de connaissance. Le "re-" de l'anamnèse désigne le fait de re-faire une "expérience". L'anamnèse représente une expérience du philosopher. Philosopher et parvenir à un savoir signifie, dans ce sens, faire l'expérience de l'expérience.

Continuer la lecture Partager

 

 
TEL
Repository for the archiving of Ph.D theses
(Thèses En Ligne)
-> TEL

Last Ph.D. submitted

La biologie synthétique est une biotechnologie émergente qui vise à produire des organismes qui n’existent pas dans la nature pour des finalités industrielles. Bien avant que ses applications ne soient développées, ce projet attise de vifs intérêts, mais aussi de précoces critiques. Cette technoscience a attiré très précocement l’attention des pouvoirs publics en France et aux Etats-Unis, cherchant à la gouverner « en amont » de ses applications – et à répondre aux contestations précoces qui s’y opposent. Cette temporalité de gouvernement est l’objet d’étude de la thèse, enquête menée avec les outils de la sociologie des sciences et des risques. Nous suivons la construction sociale des risques et des problèmes de la biologie synthétique, les dispositifs mis en place et les nombreux.ses acteur.rice.s qu’ils mobilisent : bio-ingénieur.e.s, chercheur.se.s en sciences sociales, agents du FBI, biologistes amateurs, contestataires. En France, le premier problème de la biologie synthétique est sa capacité à être contestée, comme le furent les organismes génétiquement modifiés avant elle. Ses promoteur.rice.s politiques et scientifiques cherchent à la développer et à satisfaire la société civile par des dispositifs participatifs qui n’ont toutefois aucune prise sur ce développement. Aux Etats-Unis, les critiques sont marginalisées, et il est surtout craint que la biologie synthétique soit employée par des terroristes, ce que le pouvoir cherche à prévenir tout en préservant la technoscience et ses marchandises de toute régulation. Ainsi, par delà la variété de ces dispositifs, la thèse rend compte de deux formes de gouvernement « en amont », qui ont pour point commun de ne jamais mettre en cause la biologie synthétique, mais de gouverner les problèmes qui pourraient la freiner : un gouvernement sciences-société en France, un gouvernement sécurité-marché aux Etats-Unis.

Continuer la lecture Partager

Au début du XXIe siècle, la notion de mobilité s’est élargie de manière multidimensionnelle pour mieux interroger la dimension du social. Cette recherche porte sur l’étude de « l’expérience de mobilité » des migrants, qui est définie comme l’ensemble de vécus éprouvés par eux lors des déplacements significatifs accomplis dans l’espace physique, social, relationnel et virtuel, ainsi que les connaissances acquises à travers ces vécus. Nous émettons l’hypothèse que la mobilité vécue par les migrants est multiple de par ses dimensions physique, sociale, relationnelle et virtuelle, de même qu'affirmée, dans le sens où elle aura un impact sur l’individu qui pratique la mobilité. Celle-ci ne peut donc pas se confondre avec un simple déplacement. Notre démarche méthodologique se fonde sur les récits de vie sous la forme de biographies de mobilité de 60 migrants chiliens arrivés en France au cours de différentes vagues migratoires. Enfin, si nous acceptons l’idée que la mobilité est un fait social total, nous pouvons considérer que la mobilité en migration devient une « mobilité totale ».

Continuer la lecture Partager

L’écomorphisme — oikos/habitat et morphé/forme — est le résultat d’une adaptation d’une espèce vivante suivant son environnement. Appliqué à l’art, récurrence d’œuvres, scénographies et récits d’expositions, l’écomorphisme est ce processus d’adaptation qui change nos perceptions et notre conscience écologique vers une culture du vivant. Comment des artistes réussissent-ils à créer une relation singulière au vivant qui perdure dans le temps ? Par delà un panorama de formes de nature en crise, des artistes fabriquent des points de vue et des liens singuliers en symbiose avec le vivant. Vu(e) des arbres et des nuages, postes d’observation symboliques de notre environnement —plus de 90 expositions expérimentées in situ— nous avons analysé les relations complexes entre création artistique, effets esthétiques expérimentés in situ, scénographies d’installation, récits d’exposition et prise de conscience écologique. Suivons la piste de l’écomorphisme, (r)évolution silencieuse, tel un envahissement artistique de formes de la nature sauvage au musée et autant de possibilités de rencontres du vivant capables de nous trans-former. Formes contemporaines de la nature, (éco)morphogénéalogie Notre premier corpus de formes s’est révélé à 70% européen —174 artistes internationaux—d’après une classification de 800 œuvres en lien avec les principes d’écologie diffusées —et légitimées— dans les musées en France de 2012 à 2016. Un second corpus est extrait sur la symbolique des arbres, figure statistique la plus fréquente, puis des nuages, objet-symbole émergent au 21e siècle. Une esthétique de la complexité confirme la nécessité d’ordonner ses formes. Ainsi, notre création d’(éco)morphogénéalogie en cinq branches principales est liée aux mouvements dans l’histoire de l’art et de l’écologie à partir de 1916. Nous avons classé les branches —et filiations— par ordre d’importance : 1. biomorphisme écologique (sculptures intra-muros) ; 2. l’art environnemental dans l’environnement extérieur ; 3. l’art écosystème technologique en mimèsis de milieux naturels et artificiels ; 4. l’arte povera et l’art du rebut ; 5. bioart lié à la génétique et l’hybridation du vivant. Vu(e) des arbres au musée-ville, « perchoirs » symboliquesLa singularité du musée « perchoir » réside dans sa capacité à conserver la beauté manifeste de la nature dans la ville. Avatar du monde humain de la ville, le musée cultive des forêts symboliques. Les formes de la nature en crise sont un signal visible symbolique de conscience écologique et de culture du vivant au musée. A posteriori, la singularité et l’efficacité d’œuvres et expositions tient d’un processus de création-observation d’un écosystème in vivo et d’une capacité à restituer des liens avec des êtres vivants. Nous qualifions ces voies de passage fécondes d’écologie artistique (éco)poétique cultivée à la fois dans les objets et la littérature des musées. Nous suggérons que les musées et leurs expositions sont devenus des « perchoirs » contemporains. Sorte d’appel de la forêt symbolique à vivre en lien avec le vivant, le musée-perchoir est un observatoire essentiel d’évolution de nos sociétés.Au-dessus des nuages de crise, théorie de l’écorphisme et prospectiveL’ambiguïté du nuage, objet-symbole, réside autant dans l’annonce du danger qu’il prévient que dans celui qu’il occasionne. Le nuage sert d’inducteur théorique à Aristote, Descartes, Howard ou Damisch. Nos analyses démontrent un Homme en recherche d’un renouvellement de positionnement vis-à-vis de la nature. La place de l’humain n’est plus au-dessus de la nature mais au milieu du vivant via un ADN symbolique commun. Des formes à l’écopoétique singulière et sur-réaliste révèlent une autre réalité que nous ne percevons plus. In fine, l’écomorphisme agit comme la conscience d’un patrimoine génétique où se mêlent formes naturelles et artificielles. N’est-il pas temps de reconsidérer ces formes tel un enjeu culturel d’évolution du vivant ?

Continuer la lecture Partager

Dans l’armée française de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe, un groupe d’officiers, les « ingénieurs géographes », est chargé des travaux topographiques; ces officiers s’occupent aussi des reconnaissances avant l’attaque, ainsi que des enquêtes statistiques et des peintures de bataille. Leur objet, dans toutes ces pratiques, est la bataille, la façon dont elle est préparée, et dont elle doit être reproduite dans des documents. Cette forme particulière de travail scientifique est basée sur une « logique militaire », un système de pensée que le général, qui conduit l’action, et le topographe, qui lit la réalité pour lui, doivent partager. Les pratiques et les méthodes de travail façonnent cette logique. C’est de l’analyse de la méthode utilisée pour les « reconnaissances à vue » (celles où le seul instrument scientifique est l’œil du topographe) que nous déduisons le potentiel utopique de cette activité. Les topographes traitent leur sens de la vue comme s’il n’avait pas de limites réelles, comme si l’entraînement pouvait accroître indéfiniment ses possibilités. Tout est potentiellement perceptible. L’utopie de la vision des officiers topographes est directement liée à la possibilité de la conduite de la guerre. Le général peut contrôler la bataille seulement s’il peut voir, par ses yeux ou ces de ses collaborateurs, tous les éléments qui la composent. Ce travail scientifique s’opère dans des conditions institutionnelles particulières. Le concept clé qui gouverne le système de formation des topographes militaires sous l’Ancien Régime est celui de « talent ». Un officier de talent est considéré capable d’accomplir son travail. Le « talent » signifie que les dispositions innées ont été correctement entraînées, et que l’homme dans lequel ce processus a été opéré est devenu la vraie garantie de l’accomplissement du travail. Il n’y a pas d’autre garantie possible, si elle n’est pas basée sur une personne réelle et entraînée. Ce concept de talent perdra sa validité dans les années 1820, mais il opère encore pendant le Premier Empire, quand deux différents systèmes de formations sont actifs : l’apprentissage basé sur la pratique, d’un coté, et, de l’autre, l’enseignement en classe de connaissances uniformes, égales pour tous les étudiants.

Continuer la lecture Partager

L’apprentissage artificiel, ou machine learning, est un ensemble de méthodes permettant d’établir, à partir de données, des modèles de prise de décision, de prédiction ou de classification. L’ axiome plus général qui définirait ce champ de recherche est l’ambition de s’inspirer et d’imiter la capacité humaine et animale à apprendre de l’expérience. Les récents succès de ces méthodes - souvent relayés par des médias grand publics - sont seulement révélateurs de l’attention épisodique portée à des techniques qui remontent quant à elles à une cinquantaine d’années dans le contexte de l’Intelligence Artificielle et de l’informatique, et à plusieurs siècles de traditions scientifiques en mathématique, statistique, physique. Après avoir rendu compte de ces éléments, cette thèse s’intéresse aux différentes épistémès, “styles de pensée” qui rythment cette communauté, en étudiant les principaux algorithmes développés pour parvenir à la prise de décision, la prédiction ou la classification. Chacun des algorithmes est envisagé de manière historique mais aussi via les contraintes techniques et théoriques qu’il porte, et les compromis d’usages qu’il impose - par exemple entre interprétabilité et efficacité. Ces “tribus” de l’apprentissages apparaissent alors comme des tentatives relativement indépendantes de parvenir à un même objectif. Nous envisageons par la suite l’activité de ces sous-communautés algorithmiques dans le champ académique, par l’analyse de corpus bibliographiques extraits de Web of Science. La détection de communautés au sein des réseaux de co-citations construits à partir de ces données nous permet de mettre en lumière les structures thématiques transversales qui innervent les différents types d’algorithmes. Nous avons ainsi pu observer comment chaque discipline scientifique se place de manière spécifique dans le paysage algorithmique de l’apprentissage et entretient ou non des relations privilégiées avec les champs propres à sa recherche fondamentale. Il apparait donc, au terme de cette analyse, qu’il est plus facile pour un auteur de se mouvoir d’une thématique à une autre, que d’une méthode d’apprentissage à une autre. Enfin, nous nous intéressons à des terrains plus ingénieriques de la pratique de l’apprentissage avec une analyse de données issues des forums de questions-réponses Stackexchange et du site de compétitions en ligne Kaggle. On y retrouve plusieurs résultats proches de ceux observés dans le champ académique, comme les disciplines les plus représentées. De nettes différences émergent cependant quant à la diversité et la coprésence de ces algorithmes dans les compétitions et les usages des participants. En conclusion, nous mettons en perspective certains des éléments observés dans cette étude avec les récents débats sur la place de ces algorithmes dans les politiques publiques et discutons la question de leur nature discriminatoire.

Continuer la lecture Partager

En 1940, les experts agricoles nazis, sous la direction du secrétaire d’État Herbert Backe, ont une vision claire pour l’avenir de l’agriculture française qu’ils considèrent comme improductive, obsolète et largement en retard sur l’agriculture du Reich. L’objectif de l’occupant est de moderniser et d’intensifier la production agricole de l’Hexagone afin de garantir le ravitaillement français, mais surtout européen et allemand, grâce aux connaissances de l’agronomie allemande. Une administration technico-militaire est mise en place à cet effet au sein du commandement allemand à Paris et dans les départements de la zone occupée afin de gouverner, surveiller, optimiser et ponctionner l’agriculture française. Les quatre années d’occupation constituent un moment propice aux transferts culturels et scientifiques, bien que sous contrainte, puisque qu’elles sont le théâtre de circulations accrues d’hommes, de denrées, de pratiques bureaucratiques, de savoirs et de techniques entre la France et l’Allemagne ainsi que d’une superposition de deux administrations. À travers l’analyse de plusieurs dynamiques techniques (lutte contre les nuisibles, implantation de nouvelles cultures, assolements et fourrages améliores, industrialisation de la filière lait), la présente thèse interroge le rôle de l’Occupation dans l’histoire de la « modernisation agricole » française.

Continuer la lecture Partager

Entre 1582 et 1608, Simon Stevin publie pas moins de quatorze livres à Anvers et Leyde. Durant ces années, son statut a évolué : marchand, professeur, étudiant, ingénieur, courtisan. Beaucoup de ces ouvrages se font référence les uns les autres et correspondent aux pratiques des milieux dans lesquels le flamand a appartenu. Alors que la variété des thématiques traitées est impressionnante, les cloisonnements disciplinaires et historiographiques ont fait que la cohérence de ces écrits n’a pas été évaluée à sa juste mesure. A la croisée de l’histoire socioculturelle des mathématiques et de l’anthropologie des savoirs, cette thèse se donne comme objectif de lire transversalement le corpus composé de publications de Stevin. Il s’agit de contextualiser et de placer chacun des textes dans le milieu pertinent et dans les articulations disciplinaires de l’ingénieur brugeois. Nous cherchons ainsi à reprendre certaines questions classiques de l’histoire des sciences et à enrichir notre compréhension des mathématiques de la fin de la Renaissance dans les Provinces-Unies. Dans cette étude, nous montrons que le corpus de Stevin développe le noyau même de la connaissance. Entre les dispositions innées de l’âme et les objets de la Création, cet art de penser est bâti sur la mise en relation des arts libéraux, de l’éthique pratique et d’une physique. Nous montrons que les arts libéraux universitaires sont déplacés par la prise en considération des pratiques des artisans et des marchands, grâce à une forte réflexion sur la langue néerlandaise. Nous nous arrêtons également sur la notion de nombre, largement revisitée dans le cadre de l’art de penser, et sur l’éthique, importante pour comprendre les motivations de notre savant. Enfin, nous avons terminé notre thèse en montrant que l’astronomie de notre auteur (1608) est liée à sa géographie, dans une cosmographie qui doit sa consistance à une théorie de l’histoire, l’Âge des Sages. Nous avons alors essayé de comprendre quel était le rapport à la Nature qu’entretenait un ingénieur mathématicien autour de 1600.

Continuer la lecture Partager

Cette thèse démontre l'existence du mental humain comme réalité substantielle, qui déploie sa force créatrice tout le long de notre vie, et qui est aussi irréductible à notre cerveau que la masse m est irréductible au corps qui en manifeste la présence. Le phénomène ciblé est celui des mathématiques, vues sous la perspective de leur naissance/développement à l'intérieur de la vie d'un même homme : un homme apprend à lire, et à la suite de cet apprentissage l'évidence mathématique fait son apparition devant sa conscience. La formule utilisée pour exprimer l'unité de ce processus est "A→"A"→"A↔A" ", où les flèches expriment les différentes phases d'un seul et même vecteur : celui de notre force mentale. Le travail comprend trois parties : 1) Réincarner les mathématiques, dont le but est celui de rendre la mathématique au mathématicien incarné. 2) Réorienter le développement. Toute la théorie piagétienne/post-piagétienne sur le développement mental de l'être humain est ici exposée, discutée, réfutée et dépassée. 3) Redonner une voix à l'homme, où il est démontré que la voix humaine vient avant sa propre fréquence, ou que la fréquence de notre voix est le fruit de notre intention de nous exprimer, et pas l'inverse. Grâce à ce renversement, notre voix se révèle comme le fruit d'une attraction fréquentielle exercée par notre corps sur l'une de ses parties ; or ce même processus se répète dans le cas de l'apprentissage à lire/écrire. Une même force donc - la force de donner un sens à notre vie - engendre premièrement la formation de notre voix, ensuite celle de notre écriture, pour finalement faire éclater, au sein de cette même écriture, la lumière de l'évidence mathématique.

Continuer la lecture Partager

Cette thèse d’Histoire des Sciences est centrée sur le rapport au Club de Rome de 1972, affirmant l’existence de limites globales à la croissance et la nécessité de ruptures sociétales radicales pour s’y ajuster. Elle pose la question des conditions matérielles, politiques et culturelles qui conduisent à la montée en force, autour de 1970, de discours énonçant le caractère nuisible de la croissance démographique et économique, à un niveau global. A cette fin, elle examine comment se développe un contexte favorable à l’appréhension d’un futur de l’humanité et à la modélisation mathématique d’un tel enjeu. Elle étudie l’émergence, l’évolution et la réappropriation d’une dénonciation de la croissance, en lien avec le développement du Tiers Monde, les premières mobilisations environnementales et la critique de la technologie. Elle suit le développement de l’entreprise du Club de Rome, afin d’élucider le paradoxe de l’appel par une élite industrielle et politique à une stabilisation de l’économie mondiale. Dans cette perspective, elle étudie les influences contrastées des discours environnementalistes et des études du futur sur le projet de modélisation de l’organisation, en particulier sur la représentation de la technologie qu’il porte. Elle étudie de manière précise comment le choix de la Dynamique des Systèmes comme méthodologie de modélisation concourt à une traduction particulière de la « Problématique » du Club en modèle mathématique, focalisée sur les limites à la croissance.Elle s’attache enfin à comprendre comment le vif débat du début des années 1970, pour ou contre la croissance, laisse rapidement la place à un consensus sur le bien-fondé de la croissance, tandis que les questions des inégalités entre Nord et Sud, et des meilleurs moyens technologiques et économiques pour dépasser les limites matérielles, deviennent alors prégnantes. Dans ce but, elle recense et classifie les diverses critiques du rapport au Club de Rome, en montrant l’articulation forte entre critique philosophique et critique technique. Elle étudie ensuite comment de nouvelles traditions de modélisation se construisent sur la base de ces critiques, lesquelles, par leur formulation des problèmes, leur choix des variables et leur mode de simulation, contribuent à rendre à la possibilité d’une stabilisation de l’économie hors de propos, et confortent le bien-fondé de la croissance économique pour le développement humain et la préservation de l’environnement.

Continuer la lecture Partager

La thèse est une analyse des méthodologies de l’imagerie scientifique issue de la photographie. Elle est fondée sur les travaux en chronophotographie d’Etienne Jules Marey, des atlas de radiologie de G. Haret, A. Dariaux, Jean Quenu, et de Michel Sempé et Carlos Pavia, et des travaux sur la radioactivité qui a été découverte par Henri Becquerel grâce à la technique photographique. Elle se termine par les recherches contemporaines dans le domaine des nanosciences. Les méthodologies sont tout autant des méthodes de visualisation que des méthodes de production d’images, permettant de voir l’invisible ; le mouvement devient visible avec la chronophotographie, l’intérieur du corps le devient avec la radiologie, les rayons uraniques sont détectés, et les atomes sont visualisés et arrangés grâce au microscope à effet tunnel. Il est alors question d’évolution de ces techniques qui ont permis au XXème siècle de rendre visible l’invisible grâce à l’image, ce qui a donné aux chercheurs des éléments concrets pour réussir à construire la théorie de la mécanique quantique. L’imagerie scientifique a aussi donné aux chercheurs des éléments concrets pour vérifier la théorie de la mécanique classique. Les images scientifiques sont donc devenues un élément essentiel de la recherche appliquée et de la recherche fondamentale.

Continuer la lecture Partager